Une nouvelle critique pour De l’autre côté des mondes. merci à Aurelala
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Pourquoi des héros en fauteuil roulant ?
Ma première réponse à « pourquoi des héros en fauteuil roulant » c’est : et pourquoi pas ? Non, réellement, qui a dit que les héros devaient forcément être beaux, riches et musclés pour attirer les foules ? Ah oui, peut-être l’éditeur qui m’a dit, quand je lui ai fait lire le manuscrit de De l’autre côté des mondes : « personne ne va s’intéresser à un groupe de personnages. Et encore moins s’ils sont en fauteuil roulant ».

Comment on choisit ses personnages
Dans certains cas, on choisit ses personnages. On décide qu’ils auront telle apparence, tel caractère, qu’ils raffolent du chewing-gum et qu’ils détestent la cannelle… Parfois, ce sont eux qui nous choisissent. J’avoue que c’est souvent le cas pour moi.
Je ne me dis pas, avant d’écrire : tiens, je vais montrer un homme noir, histoire de rajouter un peu de diversité dans mon histoire. Les personnages s’imposent à moi, ils apparaissent, je les décris comme je les vois, j’apprends à les connaître et à détailler leurs caractères, leurs goûts. Pour moi, ils sont réellement vivants et, d’ailleurs, parfois leurs actes me surprennent.
Mais ça, c’est parce que j’écris sans plan…
Alors pourquoi des fauteuils roulants dans mon roman
C’est une question qui revient souvent. Ainsi que la suivante « mais vous avez des personnes handicapées dans votre entourage proche ? ». En réalité, non. Mais je n’ai pas non plus découvert de faille pour voyager dans un monde parallèle. C’est ça, être auteur : être capable d’interroger le réel, de le transcender et d’imaginer des choses que l’on n’a pas vécues.
Un peu de documentation ne fait jamais de mal, cela dit !
Cette histoire, j’en ai tracé les premiers mots il y a bientôt vingt ans. Et, dès le début, mes personnages étaient handicapés. Je trouvais ça intéressant de me demander comment on pouvait sentir jusque dans sa chair le malaise de l’adolescence, l’impression d’être différent, seul… et passer ensuite dans un monde différent où tout devient possible.

Le rejet, la différence, ce sont là des thèmes qui me parlent et me touchent profondément. Et il faut bien reconnaître que le monde public, l’environnement scolaire, n’est pas toujours très tendre, ni très facilitateur dès qu’il y a un handicap.
Est-ce que le handicap est tout ce qui caractérise mes personnages ?
Pendant un certain temps, quand je présentais mon roman, je n’insistais pas sur le fait que les personnages étaient en fauteuil roulant. Pour moi, il s’agissait simplement de jeunes, certes un peu fragiles mais comme beaucoup d’entre eux, qui voyageaient vers un autre univers et y vivaient de nombreuses aventures.
Puis, d’autres personnes m’ont fait remarquer que c’était une caractéristique forte du roman. Les personnages tétraplégiques ne sont pas les plus nombreux en littérature fantastique. Et certains considéraient cela comme novateur, comme un souffle d’air frais. Une manière de dire « hé ho, tout le monde peut vivre des aventures. Même des handicapés. »

C’était, et ça reste, important pour moi que ce ne soit pas la seule chose qui les détermine. Mes personnages ont des caractères bien distincts, des sensibilités qui leur sont propres, ils sont tous différents. Le handicap n’est pas ce qui les résume !
Pourquoi les choses changent quand ils découvrent ce monde parallèle
Aujourd’hui, si je devais réécrire ce roman, peut-être que mes personnages emmèneraient leurs fauteuils avec eux dans le monde parallèle.
Mais la différence entre les deux univers pousse aussi mes héros à mieux se découvrir. Ils comprennent de nombreuses choses sur eux-mêmes et sur leurs forces justement parce qu’ils ont l’occasion de découvrir ce qu’ils pourraient faire s’ils n’étaient plus sanglés sur un fauteuil et dépendant de lui.
Et ce contraste est un des moteurs du roman.
Est-ce que c’est important d’avoir des personnages « différents » ?
Je crois que tous les personnages ont des failles, plus ou moins importantes. C’est cela aussi qui nous permet de nous intéresser à eux.
Je crois aussi que les romans transmettent des messages. Oui, s’il faut des romans avec des personnages féminins forts, avec des héros de couleurs diverses, avec des étrangers, des handicapés, des homosexuels… pour que le monde arrête de les regarder de travers, c’est important d’en écrire.
Il ne faut pas oublier que l’on se construit avec les livres, et que l’on construit aussi son empathie grâce à eux.
À ce sujet, je vous invite à lire le très bon article de Jo Ann von Haff : comment ajouter de la diversité dans ses romans.

Est-ce que ça veut dire que je choisirai délibérément de placer ce type de personnages dans mes prochains livres ? Je ne sais pas. Parce que les personnages décident eux-mêmes, d’une part, et aussi parce qu’il ne faut pas qu’un tel procédé semble ampoulé, mal venu, sans raison d’être.
Mais… même si je ne fais pas de la littérature militante, le message que je transmets avec mes livres est important pour moi. Et, pour tout vous dire, comme je me sens de plus en plus concernée par ces sujets, il est fort possible que l’information circule au sein des personnages en attente d’auteurs et que quelques-uns viennent me voir. Ou se soient déjà introduits dans mes prochains romans.
J’aurais une question pour vous, sur ce sujet : quel type de personnage regrettez-vous de ne pas voir plus souvent dans les romans ?
Cet article a pu être écrit grâce aux Tipeurs :
Lameecarlate – Rodolphe
Une nouvelle interview en ligne
Interrogée par Lumina Funny World, je réponds à ses questions sur son site.
via Interview d’auteur/e/s: Mélanie De Coster
Une table ronde avec des autrices
J’ai eu l’occasion d’assister à une table ronde avec Valentine Goby et Charlotte Bousquet. Une rencontre très intéressante dont voici la retranscription (forcément partielle tant les échanges étaient riches). Elles y parlent de la création, de leur position en tant que femme et de la littérature jeunesse.
Comment choisissez-vous vos sujets de romans ?
Valentine Goby : « Depuis mes deux premiers romans, j’écris beaucoup avec l’Histoire en toile de fond, et toujours avec des personnages réels. j’essaye de les rencontrer physiquement quand je peux. Quand il n’y a pas de documents, il faut des témoignages, de la parole. Il existe une histoire collective sur laquelle le scénario de mes personnages vient s’adosser.
Il y a plein de façons de rencontrer les gens, c’est souvent imprévu d’ailleurs.
On ne décide pas d’entrer dans un sujet, ça correspond à une recherche personnelle, c’est aussi une rencontre avec soi.
Charlotte Bousquet « Le travail varie pour chaque roman. C’est rarement des rencontres physiques, plutôt avec des journaux, des thèses, des obsessions du moment.
Je suis très timide, alors je ne vais pas nécessairement à la rencontre des gens. Par contre je lis beaucoup, des essais, des textes sur Gallica.
Le rapport à l’autre et la différence sont des thèmes qui me suivent depuis ma thèse, de même que la manière dont on peut basculer dans la violence. Qu’est-ce qui fait qu’on accepte l’inacceptable ou au contraire qu’on se rebelle ?
Plus j’apprivoise l’écriture, plus j’acquiers de la confiance en moi, plus je me lâche. J’arrive à livrer des choses personnelles maintenant dans mes livres.
Notre matière première, c’est aussi nous-mêmes, y compris nos parts d’ombre.
C’est aussi ce qui rend nos personnages authentiques. Quand j’écris, j’essaie de me mettre dans la peau de mes personnages, de suivre leur logique, pas la mienne. »
Valentine Goby « Je considère l’écriture comme de l’archéologie intime. Le fait d’aller vers l’autre soulève des strates que l’on avait oubliées. Pour moi, c’est la matière même de la littérature. Je découvre que l’autre est en moi, je m’agrandis par l’écriture.
Les personnages me disent des choses de moi, qui me raccordent à une humanité plus vaste. Ca me donne plein d’énergie, je suis pleine de possibles non réalisés. Ca me donne aussi d’autres appartenances.
A travers l’écriture, je traverse des expériences que je ne vivrai jamais, mais qui réveillent des choses en moi, comme chez les lecteurs.
La lecture est d’ailleurs un travail de co-écriture.
La littérature crée des terrains où nous pouvons nous rencontrer, comme jamais dans la vie réelle. »
Vous vous revendiquez en tant qu’autrice. Etes-vous féministes ?
Charlotte Bousquet « je suis féministe, pas « du féminin ». Je m’attache à la liberté de choisir son genre.
Qu’est-ce que l’on en a à faire du sexe de l’écriture ? Par contre, auprès de certains éditeurs, en tant qu’homme, on a moins de mal à défendre ses droits. »
Valentine Goby « c’est compliqué le mot féministe. J’aime bien le mot « égalitariste » et l’idée que ce n’est plus intéressant de faire une différence.
Je ne veux pas avoir à justifier d’une voix féminine. Je n’ai pas envie de soumettre la littérature à quoi que ce soit d’autre que mes propres envies. Je n’écris pas pour dénoncer, mais je suis une femme, donc ça nourrit mon travail. »
Vos personnages vivent souvent des trajectoires personnelles, mais aussi des déplacements physiques…
Valentine Goby « Quand on quitte, quelque chose ou quelqu’un, on se métamorphose. On accomplit ce qui fait notre singularité.
La vie est une somme d’expériences terrifiantes. Qu’est-ce qui fait que certains tiennent debout malgré les tragédies, comment on s’en nourrit… ?
S’il y a une raison fondamentale pour écrire, c’est pour vivre plutôt que pour mourir.
Cette question de savoir pourquoi on reste debout, on la retrouve dans les déplacements, le mouvement, la rencontre de l’autre. »
Charlotte Bousquet « Mes personnages ont besoin de s’accomplir. Le côté nomade et l’errance rejoignent mon goût pour les grands espaces. J’aime bien qu’on me foute la paix !
L’écriture peut être considérée comme une manière de partir et de revenir. On part avec ses failles, on grandit et on apprend des choses en écrivant, puis on revient. »
Que pensez-vous de la littérature Young Adult ?
Charlotte Bousquet « La littérature Young Adult, c’est d’abord du marketing américain pour vendre des romans aux 15 – 30 ans. C’est un peu plus rock’n’roll, plus violent parfois. C’est une littérature qui permet de dépasser certains problèmes. On peut y aborder tous les sujets et c’est un espace de grande liberté.
Le côté marketing a depuis été complètement dépassé par le côté création ».
Valentine Goby « c’est un fléchage fait par les éditeurs. Pour certains d’entre eux, les romans jeunesses ne sont pas des vrais romans. D’où des a-valoir moins importants, des droits d’auteur divisés par deux, une déconsidération de la presse…
Ce que nous faisons est un métier d’art et de création qui mérite la même considération que la littérature adulte. »
Charlotte Bousquet vient de sortir le roman graphique Barricade et deux nouveaux romans devraient voir le jour chez Mnémos en mai, et dans une nouvelle collection chez Gulf Stream.
Valentine Goby travaille sur un roman adulte et des romans courts jeunesse en parallèle.
Une nouvelle chronique
Encore une très belle lecture du Secret du vent, avec un commentaire qui m’a touchée…
via Le Secret du Vent
Publication ou auto-édition, un choix impossible ?
Quel est le but premier d’un auteur ou d’une autrice ? D’abord d’écrire, bien sûr. Puis ensuite d’être lu. Et c’est là que les difficultés surgissent. Quelle est la meilleure manière de procéder pour aller à la rencontre de ses lecteurs ? Qui, de l’auto-édition et de la publication classique remportera ce duel ?

Les avantages de l’auto-édition
Il y a quelques années, pour un grand nombre d’auteurs et d’autrices, l’auto-édition était un choix par défaut : puisqu’aucun éditeur ne veut de moi, je vais me débrouiller tout seul.
Le plus étonnant, quand on remonte un peu le fil de l’Histoire, c’est de réaliser la quantité de livres qui font aujourd’hui partie de nos classiques et qui ont pourtant été confrontés à ce même parcours. Qui sait aujourd’hui que Marcel Pagnol auto-édita Le Château de ma mère et La Gloire de mon père ? Parce que personne ne voulait de ses romans auto-biographiques, alors même que ses pièces de théâtre étaient déjà connues, il se décida pour cette option.
Il ne fut pas le seul : des noms comme Virginia Woolf, Proust et d’autres ne seraient peut-être jamais parvenus jusqu’à nous sans cette possibilité.
L’auto-édition conserve pourtant une image de moindre qualité dont elle a du mal à se débarrasser…
Malgré tout, aujourd’hui, des romanciers et romancières font directement ce choix. Claire Brétécher a montré la voie dans la bande-dessinée : on peut produire soi-même un ouvrage de qualité.
Pour quelqu’un qui écrit, l’auto-édition présente de nombreux avantages :
- le pourcentage de droits d’auteur perçus est nettement supérieur à celui de l’édition traditionnelle.
- Tous les droits sont conservés, ce qui offre de nombreuses possibilités de développement ultérieur (les livres audio commencent également à trouver leur place en auto-édition).
- Vous restez le seul décisionnaire en ce qui concerne la présentation de la couverture ou la mise en page intérieure.
- Vous demeurez le maître de votre image et du contact avec les autres.
- Le délai entre l’écriture et la mise à disposition du livre est beaucoup plus réduit que par d’autres circuits.
Le fait de diriger son propre bateau peut être assez enthousiasmant. À condition de savoir éviter les écueils.
Les dangers et difficultés de l’auto-édition
Un livre, quoi que vous puissiez en penser, ne se prépare jamais seul. Certes, pendant la période d’écriture, son auteur ou son autrice est souvent seul.e face à son clavier. Mais cela ne dure pas. Du moins pas pour un ouvrage de qualité.

Il faudra faire intervenir des relecteurs ou correcteurs, des bêta-lecteurs, qui traqueront les fautes comme les incohérences. Parce qu’une prise de distance est nécessaire pour savoir s’extraire du livre que l’on connaît par cœur et pointer du doigt ses faiblesses.
Une couverture digne de ce nom nécessite souvent l’intervention d’un graphiste. Cela peut avoir un coût mais il reste essentiel pour que le livre prenne son envol. Je vois hélas passer trop de romans auto-édités dont les couvertures ne m’appellent pas et que je ne lirai peut-être jamais à cause de ce simple défaut.
La mise en page intérieure doit également être vue et revue. Pour respecter les codes en vigueur dans le monde du livre, et pour que ce dernier reste un bel objet qui donne envie d’être feuilleté.
Je parle en toute connaissance de cause de ce sujet : mon premier roman auto-édité ne respectait pas vraiment ces règles… Le contenu ne suffit pas !
Pour Le Secret du vent, j’ai vraiment pris beaucoup de plaisir à le préparer dans les règles de l’art. Il est aussi beau de l’intérieur que de l’extérieur. Et, oui, cela a son importance.
Mais ce ne sont pas là les seuls récifs sur lequel un livre auto-édité peut s’échouer. Il faut encore réussir à faire parler de lui, à le présenter dans des librairies, dans la presse. Et cela demande du temps. Beaucoup de temps. Et aussi beaucoup d’énergie pour convaincre les décisionnaires en face de vous de vous faire confiance.
Heureusement, de plus en plus de structures acceptent les auteurs et autrices indépendant.e.s. Mais ils restent encore minoritaires et la question de la représentativité est cruciale pour un livre. S’il n’est pas montré, il n’est pas vu. S’il n’est pas vu, il n’est pas vendu. Et voilà pourquoi autant d’excellents romans ne restent connus que d’une poignée d’initiés (et je ne parle pas uniquement des miens).
Est-ce mieux dans l’édition traditionnelle ?
Même si j’apprécie l’auto-édition pour la liberté qu’elle m’offre, je serais la dernière à dénigrer l’édition classique. J’y ai aimé tant d’ouvrages, j’ai été enthousiasmée par des présentations sublimes, des choix éditoriaux osés…
Des éditeurs m’ont aussi donné ma chance. Et j’espère que d’autres le feront encore à l’avenir.
Pourquoi ?
Parce que travailler avec un éditeur suppose aussi un véritable échange avec un professionnel. Quelqu’un qui a tous les contacts nécessaires pour transformer un simple manuscrit en œuvre d’art. Quelqu’un qui saura vous dire « stop, là tu t’égares, coupe-moi ce passage, il ne sert à rien » (ce que peu de bêta-lecteurs osent affirmer).
Parce que c’est une personne extérieure, qualifiée, qui aime ce que vous faites. Et que les histoires d’amour autour des livres n’ont pas de prix.
Ces histoires ne sont pas toujours toutes roses, cependant. Parfois vous n’aimez pas la couverture choisie. Parfois on vous demande de changer de point de vue et de modifier votre fin. Parfois on modifie votre titre sans vous prévenir. Parfois vous n’avez pas l’impression que votre titre est assez défendu.
Et cela peut être assez frustrant.
Toutes les histoires ne sont pas belles. Il faut pourtant reconnaître, aujourd’hui, qu’être représentée par un éditeur apporte une puissance supplémentaire. De plus en plus de salons refusent d’ouvrir leurs portes aux auteurs et autrices indépendant.e.s (et cela alors même que les conférences sur ce sujet se multiplient au Salon du Livre de Paris ou à la Foire de Francfort). Certains libraires les toisent. Idem dans la presse parfois. Et je ne vous parle même pas des participations aux prix littéraires…
Est-ce seulement un problème de chiffres ?
Comme pour mes principaux articles de fonds, je voulais étayer les données mentionnées ici de chiffres précis, de données quantifiables. Et je me suis heurtée à quelques difficultés.
Si Amazon communique sans peine sur les plus gros succès de ses auteurs et autrices indépendant.e.s, ce mastodonte commercial ne représente pas pour autant le seul canal de vente. Et le marché français n’est pas le même que le marché anglo-saxon (pour lequel les ebook d’indés représentent plus de 30 % des ventes!)

Par ailleurs, le manque de reconnaissance de l’auto-édition est tel que ceux qui publient par ce biais ne peuvent souscrire à l’Agessa et que leurs ventes ne sont pas comptabilisées par le Syndicat National de l’Edition.
Que choisir alors ?
Entre les deux, je l’avoue, mon cœur balance. J’apprécie cette liberté offerte par l’auto-édition. Et je sais aussi qu’il y a déjà eu de vraies réussites parmi les titres compris dans ce panel. Au point d’ailleurs que des éditeurs traditionnels, qui les avaient peut-être refusés en première intention, décident ensuite de les publier.
Je suis pourtant douloureusement consciente du nombre limité de lecteurs et lectrices potentiel.le.s que je peux rencontrer par ce biais.
Et je me refuse à considérer ce mode d’édition comme un pis-aller.
Demain, si un éditeur vient vers moi, lui dirais-je non ? Sans doute pas. Certainement pas. Je connais leur valeur et leur importance pour mes textes.
Est-ce que cela signifie que je renoncerais définitivement à l’édition indépendante ? Non plus. Il y a tellement de belles choses à vivre de ce côté-là du livre, j’y ai fait tant de belles rencontres que je ne pourrais pas m’en passer.
Je serai sans doute comme ces auteurs et autrices qui oscillent entre les deux modes. Pas en fonction des desiderata de leurs éditeurs. Mais plutôt selon leurs envies.
Parce que l’écriture, comme la lecture, part toujours de là : une envie.
Cet article a pu être écrit grâce au soutien de mes tipeurs :
Elodie – Laetitia Troppee – LameEcarlate

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Le secret du vent Mélanie De Coster
Quand Le Secret du vent devient un coup de cœur d’une lectrice, je saute partout de joie !
Une nouvelle chronique pour De l'autre côté des mondes
Une lecture dans le cadre du Prix des auteurs inconnus. Découvrez ce que Des mots dans ma bibliothèque en dit…
via De l’autre côté des mondes
Le secret du vent de Mélanie De Coster.
Encore une très belle chronique du Secret du vent.. qui me motive d’autant plus pour écrire la suite !
Voulez-vous mécéner un auteur ?
Aujourd’hui, je vais vous parler de la vie des auteurs. La Charte a longuement parlé des conditions de vie des auteurs et illustrateurs jeunesse…

Comme vous le voyez sur ces images, il est très difficile de vivre de l’écriture. C’est pourquoi certains reviennent à l’époque du mécénat…

Le mécénat, c’est quoi ?
Si l’on s’en réfère au ministère de la Culture, le mécénat, c’est « le soutien matériel apporté, sans contrepartie directe de la part du bénéficiaire, à une oeuvre ou à une personne pour l’exercice d’activités présentant un intérêt général. »
Un soutien matériel peut être financier, humain ou matériel. Donc, si vous vouliez être mon mécène, vous avez le droit de me donner de l’argent pour que je puisse me consacrer à l’écriture, de faire le ménage à ma place pour les mêmes raisons, ou de me fournir un ordinateur avec un logiciel de traitement de texte de pointe.

Mais, attendez…
Les arts relèvent-ils de l’intérêt général ? Oui, car tout ce qui est à caractère culturel peut être listé dedans.
Et c’est là que l’on voit aussi l’importance de ce que l’on produit en tant qu’auteur : mes romans relèvent de l’intérêt général. Non, non, cela ne me met pas du tout la pression…
Un seul petit hic : une personne physique ne peut pas solliciter un mécène. Cela n’a pas toujours été le cas, heureusement pour notre histoire culturelle…
Petit cours express d’histoire du mécénat
Le mot « mécénat » vient de la Rome antique, et plus précisément de Caius Cilnius Mæcenas. Il aimait les arts et soutenait les artistes. De nombreux nobles et personnalités l’ont imité ensuite, ce qui a permis à des noms comme Michel-Ange, Raphaël, Léonard de Vinci, Brueghel et d’autres de parvenir jusqu’à nous.
Si des mécènes ne les avaient pas pris sous leurs ailes, ces grands artistes auraient été réduits à mourir de faim ou à effectuer uniquement des métiers alimentaires. Sans jamais, peut-être, trouver le temps ni les moyens de réaliser leurs œuvres.
Prenez une minute pour imaginer un monde sans les traces de ces génies créatifs…
Vous voyez toutes ces galeries vides, ces statues qui n’existent pas, ces plafonds simplement recouverts de plâtre blanc ? Voilà à quoi ce monde ressemblerait.
Vous ne pouvez même pas dire que d’autres artistes auraient émergé à leur place. Sans soutien, un artiste ne peut pas vivre. Ou en tout cas moins longtemps. Ses œuvres sont moins abouties, quand il parvient à en venir à bout. Parce qu’il y a une chose qui est commune à tous les êtres humains, qu’ils créent ou non… Ils doivent tous manger !
Et, s’il n’y avait pas eu de mécènes à l’époque, aucun artiste n’aurait pu laisser son héritage culturel.
À quoi ressemble le mécénat d’aujourd’hui ?
Il existe encore des mécènes de nos jours. Dans la majeure partie, ce sont des entreprises… qui souvent profitent de l’occasion pour faire leur publicité. Ce n’est pas pour rien si 48 % des entreprises qui font acte de mécénat optent pour le sport (et 24 % pour la culture).
C’est sûr que c’est plus facile d’afficher son logo sur un maillot de footballeur ou une voile de bateau que sur la couverture d’un livre (en plus, je ne suis pas certaine que je trouverais l’expérience très esthétique).
Mais la culture doit bien vivre ! Nous sommes tous conscients qu’un auteur ne gagnera jamais autant d’argent qu’un joueur de foot. Un changement est pourtant possible…
Comment vous pouvez devenir un mécène ?
Je l’ai dit au début de cet article : en principe, un mécène ne peut pas soutenir une personne physique. Ce qui signifie que, même si vous désirez m’aider, vous ne le pouvez pas.
Quoique…
En réalité, les artistes ne pouvaient pas se contenter longtemps de vivre de coquillettes (j’adore les pâtes, mais ce n’est pas le sujet du jour). Et, à l’instar du financement participatif, des solutions se sont petit à petit mises en place pour permettre à des particuliers, à VOUS, de soutenir leurs artistes préférés.
Beaucoup ont décidé de sauter le pas. Ce fut notamment le cas de Maliki, dont cette page de blog explique très bien, en dessin, la situation des auteurs… et pourquoi elle a décidé de devenir indépendante.

Je vous résume le sujet : les auteurs ont du mal à vivre de leurs droits d’auteur – vous pouvez, à partir d’un euro par moi, les aider à consacrer plus de temps à leur art. (une option qui fonctionne aussi pour le dessin, la musique… le mécénat n’est pas sectaire)
À partir d’un euro par mois. 1 € !
Que peut-on acheter avec un euro ?
J’avoue, j’ai longtemps hésiter à créer moi-aussi une page sur Tipeee, la plateforme du financement participatif. Une petite voix me disait « tu leur demandes déjà d’acheter tes livres, de les commenter et, en plus, il faudrait qu’ils te donnent de l’argent. Tu n’exagères pas un tout petit peu ? »
Et puis j’ai réfléchi. Est-ce que je vous prive de quelque chose d’important avec un euro ? C’est-à-dire même pas le prix d’un café, d’une heure de parking, d’un litre d’essence…
Et même si vous donnez tous les mois, au final vous aurez juste payé 12 € (soit le prix potentiel de mes futurs romans… que vous pouvez gagner par tirage au sort en devenant mon mécène).

Évidemment, il y a des dizaines, voire des centaines d’artistes potentiels, et vous ne pouvez pas donner à tout le monde.
C’est vrai.
Il faut faire un choix. Comme vous choisissez d’acheter un livre plutôt qu’un autre, de voir un film précis ou même d’opter pour une marque de chocolat.
D’ailleurs, devenir mécène, est-ce que ce n’est pas un peu un acte militant ?
Les bonnes raisons de devenir mécène
J’ai tenté de lister toutes les raisons pour lesquelles vous pourriez décider de devenir mécène (je ne suis cependant pas devin, si vous avez d’autres idées pour compléter ma liste, n’hésitez pas à me les faire connaître en commentaires) :

- pour pouvoir vous vanter : moi, je soutiens tel artiste, j’aime beaucoup ce qu’il/elle fait et je trouve ça mieux que de dépenser mon argent inutilement.
- Pour soutenir la création artistique, parce que vous appréciez un artiste, son travail, parce que vous avez envie de voir autre chose en rayon que les best-sellers qui occupent toute la place.
- Pour obtenir des contreparties : le financement participatif, c’est comme sur Ulule, vous obtenez une récompense, ou plutôt un remerciement, parfois un cadeau, pour votre générosité.
- Parce que c’est facile : un petit clic, la possibilité de commencer et d’arrêter n’importe quand.
- Pour rentrer dans les coulisses de la création : parce que, oui, je ne vous ai pas dit, mais les mécènes ont droit aussi à des informations inédites. Après tout, vous participez à ma réussite, vous croyez en moi, c’est normal que je vous fasse participer plus en détail à mon aventure.
- Pour être utile : on en revient à la notion d’utilité publique. En soutenant la création, vous faites quelque chose pour le futur de l’humanité. Vos arrière-petits-enfants seront très fiers de vous !
- Pour faire plaisir : à vous ou à l’artiste, au choix. Oui, j’avoue, je serais très heureuse que des gens me soutiennent. Qu’ils continuent à acheter mes livres, bien sûr, mais aussi qu’ils me montrent qu’ils ont envie que j’en écrive d’autres et que je dispose de la liberté intellectuelle et temporelle pour y arriver.
Voilà tout ce que signifie devenir mécène. C’est un acte qui est accessible à tout le monde. Vous pouvez compter parmi ceux qui font la différence. Commencez maintenant !

Devenez mon mécène sur Tipeee !
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