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Qu’est-ce qu’un jeune auteur ?

Parfois, sur des publications, pour des prix, ou dans la presse, je vois cette mention qui m’interpelle « pour les jeunes auteurs ». Oui, mais c’est quoi, un jeune auteur ? J’ai longuement réfléchi à cette question…

Si la jeunesse d’un auteur se détermine par son âge…

Existe-t-il une limite d’âge pour ne plus être un jeune auteur ? En regardant cet article des Echos, je me suis dit qu’un jeune auteur avait forcément moins de 40 ans. 

Par ailleurs, le Prix du jeune écrivain place la barre à 26 ans maximum (tu ne bénéficies plus du tarif jeune dans le train ? Tu n’es pas un jeune auteur !). Et l’association pour l’aide aux jeunes auteurs ne s’adresse qu’aux moins de 30 ans. 

Dans tous les cas, on pourrait croire que la catégorie « jeune auteur » concerne principalement l’âge de celui-ci… Ce n’est pas tout à fait aussi simple.

Si la jeunesse d’un auteur se détermine par son nombre de titres…

C’est maintenant que cela devient amusant ! Croyez-vous vraiment que Colum McCann, dans ses Lettres à un jeune auteur, ait estimé que son livre ne concernait pas les quarantenaires et plus ? 

Dans ce cas-là, on pourrait donc estimer qu’un jeune auteur est un auteur qui débute dans le métier… Mais quels sont les critères pour déterminer qu’il devient un ancien : le nombre de titres écrits, publiés, les tirages, les récompenses ? Personnellement, je me sens certes plus « jeune autrice » que des auteurs qui en sont à leur dixième roman, et cela même si, dans l’état civil, j’ai quelques années de plus qu’eux au compteur.

Faut-il donc atteindre, je ne sais pas, moi, 7 livres (et là, encore, juste écrits ou publiés ? En édition traditionnelle ou indépendante ?)… pour dire que l’on atteint l’âge de raison des auteurs ? 

Pourquoi alors s’adresser aux jeunes auteurs ?

Par conséquent, j’avoue que l’appellation « jeunes auteurs » me laisse perplexe… Je ne sais jamais si je suis comprise dedans ou pas. En règle générale, pour les concours, c’est assez simple à déterminer, la limite d’âge est précise. Mais pour le reste…

Encore une fois, pour moi, cette classification est peut-être surtout une manière de mettre les gens dans des cases. « ah oui, mais toi, tu es encore un jeune auteur, tu as tout à apprendre »

Ce n’est pas nécessairement négatif de la part de ceux qui prononcent ces mots (je connais la bienveillance de Lionel Davoust qui partage ses conseils aux jeunes auteurs), et c’est souvent fait dans une idée d’accompagnement. Mais quand on écrit ses premiers titres au-delà d’un certain âge, ce qui est le cas de nombreux auteurs, ce type d’interpellation peut sonner de manière maladroite. 

Finalement, les conseils, les astuces, les masterclass d’écriture (comme celle de Roxane Dambre)… tout cela s’adresse à tous les auteurs, quel que soit leur âge. Certains seront peut-être plus utiles pour ceux qui démarrent dans l’écriture que pour les habitués (quoique). Mais il est plutôt agréable de se dire qu’on a tous un peu de jeunesse en nous.

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Qu’est-ce que la vraie littérature ?

Après avoir rencontré sur un certain nombre de salons du livre des personnes qui toisaient des romans en disant « non, je ne lis pas ça, moi, je dis des VRAIS livres », je me suis demandé, à juste titre, ce qu’était la vraie littérature. Essayons de faire un point là-dessus.

qu'est-ce que la vraie littérature

Ce qui, a priori, n’est pas de la littérature

Si l’on se fie au jugement a priori de ces lecteurs, on peut d’ores et déjà éliminer de la littérature :

  • la science-fiction, le fantastique et la fantasy (SFFF) ;
  • les romances ;
  • le policier ;
  • le jeunesse et le young adult.

Ce qui, avouons-le, représente un certain nombre de romans. Mais cela permet un tri rapide : la vraie littérature, c’est la littérature dite « blanche ».

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Qu’est-ce qui caractérise la littérature blanche ?

En gros, la littérature blanche, ce serait… tout ce qui n’est pas listé plus haut. Et, pour certains, ce serait considéré comme mieux écrit. Oui, on ne se contente pas de raconter une histoire, nous messieurs dames, on a du style.

Soit.

J’avoue que le style, c’est important. J’achète certains livres juste parce que je connais le style de leurs auteurs et que je sais que leur style va me plaire. Des livres où l’on sait par avance que ce sera bien écrit, qu’il y aura des métaphores incroyables, du texte qui nous fait mettre la tête dans un sac en se disant qu’on n’écrira jamais aussi bien.

Maintenant, soyons aussi honnêtes : dans la littérature blanche, il y a aussi des ouvrages qui sont beaucoup plus loin de remporter mon adhésion. Du triturage de cervelle qui donne mal à la tête, des envolées lyriques qui tombent à plat, et même des phrases tellement plates qu’on peut en superposer plusieurs et toujours les passer sous la porte.

Mais, aux yeux de certains lecteurs (et critiques littéraires), cela reste de la vraie littérature, parce que c’est de la littérature blanche. Que reprochent-ils donc aux autres livres : de raconter des histoires ou de manquer de style ? Creusons un peu le sujet.

Y a-t-il du style dans la littérature de genre ?

Si la vraie littérature est considérée comme mieux écrite, cela veut-il dire que les romans de SFFF, les romances ou le jeunesse ne font aucun effort de style ?

(Permettez, je me gausse un instant et je reviens…)

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Qui a déjà lu, et apprécie, ces livres sait que c’est loin d’être le cas. Même un album pour les petits peut être d’une poésie incroyable, Pef jongle avec les mots dans le Prince de Motordu, et je ne compte plus les romans qui m’ont fait vibrer tellement ils étaient bien écrits. Les titres de Chloé Bertrandtransmettent une émotion à fleur de peau, ceux deBenjamin Alire Sáenz aussi, j’ai vu des constructions de phrase incroyables, une inventivité folle comme dans La Horde du Contrevent de Damasio ou La Maison des feuillesde Mark Z. Danielewski, d’autres auteurs qui ont des vrais tons, qui savent jouer avec les images comme avec les sons…

Bref, il y a bien du style dans la littérature dite « de genre » (celle qui n’est pas vraie). Alors, c’est le type d’histoires racontées qui ne plairait pas… Voyons ça de plus près.

Et si la fausse littérature racontait de fausses histoires, contrairement à la vraie ?

Pour les non-amateurs du genre, la science-fiction ce sont des combats de vaisseaux spatiaux, la fantasy c’est des dragons et tout ça, de toute manière, c’est pour les enfants.

On pourrait donc, éventuellement, comprendre qu’ils ne considèrent pas cela comme de la vraie littérature, qui est plus intellectuelle, plus réfléchie, qui parle des vraies choses de la vie… Sauf que, à y regarder de plus près, de nombreux ouvrages de SFFF ou d’anticipation, se cachent sous des bandeaux de littérature blanche. Audrey Pleynet en a cité quelques-uns dans cet article, cette liste sur Babeliovous en présente d’autres.

Il semblerait donc que l’on puisse faire de la littérature blanche, donc vraie, et de l’imaginaire en même temps. Où va donc le monde ?

On nous aurait menti ?

Mais alors, c’est quoi, la vraie littérature ?

Tout récemment, je lisais une critique de film de science-fiction qui se terminait par ces mots « ce film prouve le potentiel romanesque de la science-fiction ». Pour rappel la définition de romanesque

romanesque :qui utilise les recettes du roman le plus traditionnel et fait appel à l’imagination, au rêve, au sentiment.

Ce qui laisserait encore entendre qu’il subsiste un doute sur le fait que la science-fiction puisse faire de bons romans. Ce pourrait être ça, la vraie littérature, les bons romans, tout simplement. Sauf qu’un bon roman pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre.

Et d’ailleurs, puisque nous en sommes aux définitions :

littérature :Usage esthétique du langage écrit. Ensemble des productions intellectuelles qui se lisent, qui s’écoutent.

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Donc, en fait, tout livre est de la littérature, de la vraie littérature, dès lors que quelqu’un le lit ou l’écoute, et y trouve quelque chose de joli. Alors, oui, ce qui vous plaît n’est peut-être pas ce qui me plaît. Mais s’appuyer sur une vue de l’esprit (erronée, qui plus est) qui affirme que certains romans sont de la vraie littérature et d’autres non, ce n’est pas joli-joli… Et cela, ce n’est pas la preuve d’un bel esprit.

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L’Attraction de la terre, mon nouveau roman

Mon nouveau titre, L’Attraction de la terre, sort dans moins de 10 jours, il est donc temps de vous en dire un peu plus à son sujet. Vous allez tout savoir : de quoi il parle, bien sûr, mais aussi les coulisses du projet et comment il a été travaillé. Et vous aurez même une information en plus si vous lisez bien tout !

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De quoi parle L’Attraction de la terre ?

L’Attraction de la terre, comme Le Secret du vent, se déroule sur l’île de Sein. Ça, c’est pour le cadre géographique, qui a été ici encore plus travaillé. Il y a des vrais morceaux de Bretagne dedans, avec la mer Celtique, quelques passages qui se situent à Audierne et à Brest… Je commence à connaître de mieux en mieux ce petit bout de territoire et ses spécificités. Quelques-unes se retrouvent dans le roman, et certaines anecdotes devraient vous amuser. J’avoue que c’est un plaisir de creuser ainsi dans les caractéristiques d’un endroit pour mettre un peu de réel dans une histoire qui est totalement inventée.

Dans ce livre, vous allez retrouver Gwenaëlle, l’héroïne duSecret du vent (ou faire sa connaissance, puisque j’ai écrit les deux livres pour qu’ils puissent se lire de manière individuelle. Mais j’y reviendrai par la suite). Elle a pris quelques années, son couple s’est laissé happer par le quotidien, et elle est à cet âge où l’on se demande si la vie qu’on mène est bien celle dont on rêvait. Elle est donc en pleine croisée des chemins… et les événements vont venir la bousculer.

Ces événements tournent autour de Max. Max, c’est son fils adoptif. Si Gwenaëlle a appris à maîtriser ses pouvoirs de sorcière, lui tente plutôt de les étouffer. Les seuls moments où il les utilise, c’est quand il doit ranger sa chambre ! Max a 16 ans, et c’est un adolescent typique… ou presque. Car Max vit très isolé sur cette petite île qu’il n’a jamais quittée. Il se sent seul, différent des autres, et il refuse de s’avouer que ses pouvoirs magiques ne sont pas sa seule différence.

Quand Antonin, de quelques années son aîné, revient sur l’île et que Max se sent irrépressiblement attiré par lui, ce dernier devra pourtant reconnaître ce qui (ou qui) fait battre son cœur plus vite que d’ordinaire.

Ce n’est pas si facile pour lui. D’une part, parce que nous sommes dans les années 80, et que l’homosexualité vient à peine d’être dépénalisée (et qu’il n’est pas évident de se construire différemment quand on vit dans une communauté isolée, sans contact avec l’extérieur). De l’autre parce que des sorcières l’attaquent, bien décidées à l’éliminer (quitte à faire beaucoup de dégâts autour de lui au passage… Mais c’est pour la bonne cause, diraient-elles).

Il y a même de la musique des années 80 dans le roman… et j’ai concocté une playlist spécialepour retrouver les titres que mes personnages écoutent

Voilà donc un petit aperçu de ce qui se passe dans L’Attraction de la terre… (avec quelques loutres en plus !)

Pourquoi avoir choisi de parler de ces thèmes ?

Dans Le Secret du vent, sous couvert d’une histoire d’amour et de magie, j’avais beaucoup parlé de la vie dans un endroit isolé, de la difficulté de se sentir différent, de l’envie d’être accepté et non plus jugé… Pour moi, c’était l’un des principaux aspects du roman (bon, j’avoue, il y avait aussi beaucoup de tempêtes et d’événements surnaturels… Je me suis fait plaisir aussi).

Le jugement que l’on peut avoir sur les autres est un thème qui revient souvent dans mes romans, je ne vais pas le nier. Dans ce roman, il y a un peu plus d’action que dans Le Secret du vent (certaines lectrices qui l’ont lu en avant-première, et là aussi je reviendrai là-dessus plus tard, ont particulièrement apprécié les scènes de batailles). Max se retrouve donc plus exposé à sa propre crainte du regard des autres qu’à leurs critiques (bon, sauf en ce qui concerne les femmes qui veulent le tuer… qui, elles aussi, véhiculent toujours les mêmes clichés de « on veut détruire ce qui est différent de nous, sans se poser de questions »).

C’était important aussi pour moi de montrer que, parfois, on s’empêche de vivre des choses importantes pour nous parce qu’on a trop peur de ne pas être dans le moule qui est attendu. J’aime bien raconter des histoires qui font voyager, qui font vibrer, qui font rêver… mais, derrière, elles transmettent toujours un message.

Donc, oui, L’Attraction de la terreparle d’une histoire d’amour entre garçons. Et ce n’est pas le thème principal non plus. Parce que l’amour, quel qu’il soit, n’est qu’une des facettes de notre vie. Et là, dans la vie de Max, l’attaque des sorcières qui cherchent à le tuer occupe quand même beaucoup de place.

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En ce qui concerne Gwenaëlle (on ne va pas l’oublier non plus), je crois que j’avais envie aussi de montrer à quel point on peut se perdre, justement, à trop tenter de se fondre dans ce fameux moule. Gwenaëlle a un chemin à faire. Elle a une quarantaine d’années, mais elle n’a pas encore fini d’évoluer, contrairement à ce qu’elle croit. Et ça aussi, c’est important à dire : il n’est jamais trop tard pour devenir qui vous avez envie d’être !

Comment j’ai travaillé ce roman ?

Quand j’avais écrit Le Secret du vent, j’avais terminé sur une fin ouverte. Je n’avais pas envie de quitter tout de suite Gwenaëlle, et je savais déjà que d’autres sorcières, un peu moins sympas qu’elle, patientaient dans l’ombre.

J’avais laissé tout cela en attente, pourtant. Puis, de plus en plus de lecteurs m’ont demandé cette suite. Avec de plus en plus d’insistance. Et comme je suis une faible femme, je n’ai pas su résister à la tentation.

J’ai donc commencé à réfléchir à la suite de ce roman. Très vite, il est apparu important pour moi que ce deuxième tome puisse se lire indépendamment du premier. Il y a des liens entre les deux titres, évidemment, des événements ou l’apparition de certains personnages qui seront plus compréhensibles en ayant toutes les données en main. Mais il peut très bien se lire tout seul parce que, si le premier tome était celui de Gwenaëlle, celui-ci est le tome de Max. Elle est présente, et bien présente, mais c’est son aventure à lui dont il est question.

J’ai donc travaillé ce roman en laissant chacun parler à tour de rôle. Ils vivent la même histoire, mais chacun de leur côté, et c’est une forme de construction qui était assez intéressante. Les chapitres sont très courts, aussi, pour que chaque lecteur puisse rapidement retrouver son personnage préféré (je me demande qui remportera le plus votre adhésion ?).

Même la maquette a été travaillée

Pour ce roman, comme le premier tome est édité en numérique chez HQN, et en auto-édition pour le papier, je n’ai pas eu à réfléchir longtemps sur le type d’édition que j’allais choisir : l’auto-édition s’est imposée d’office.

Afin d’être certaine de vous offrir la meilleure qualité de texte possible, j’ai donc fait appel à plusieurs bêta-lecteurs (que je remercie mille fois et plus). J’ai été confortée dans certains choix, j’ai modifié d’autres aspects en suivant leurs remarques… Bref, le livre fini a subi un travail éditorial réel (plusieurs de ces bêta-lecteurs travaillent dans le milieu du livre… et tous sont avant tout des lecteurs).

Comme j’aime bien que les livres soient beaux aussi, j’ai repris la maquette pour y insérer des illustrations intérieures (ça, c’est un petit cadeau fait à moi comme aux lecteurs du format papier).

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Comme je voulais qu’il y ait un esprit de continuité entre les deux tomes, la couverture a été réalisée par la même graphiste que celle qui a réalisé le format papier du Secret du vent.

Une île, de la magie, de l'amour...

Et voilà donc, maintenant vous en savez un peu plus sur L’Attraction de la terre. J’ajouterai qu’il sort le 29 mai. Et, si vous avez eu le courage de tout lire jusqu’au bout, je peux aussi d’ores et déjà vous révéler qu’il y aura un troisième tome !

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Un auteur peut-il parler d’autres communautés que la sienne ?

Depuis quelque temps déjà, je vois passer bon nombre de messages de personnes noires ou queer s’offusquant que des auteurs (et cela vaut aussi pour les acteurs et réalisateurs, d’ailleurs) mettent en avant des personnages de ces communautés sans pour autant en faire partie. Ce sujet m’interroge, réellement, et j’avais envie d’en parler un peu plus longuement.

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Photo by Audrey M Jacksonon Unsplash

Faut-il être noir pour parler des noirs ?

Comme bon nombre d’auteurs et d’autrices de fiction, je n’écris pas que sur des sujets que je maîtrise parfaitement ni uniquement sur des situations que j’ai déjà vécues (désolée, je n’ai jamais été une sorcière sur une île bretonne dans les années 70, pas plus que je n’ai vécu dans un monde sans électricité et dirigé par les bibliothécaires).

Parce qu’il faut bien se rappeler que c’est de cela qu’il s’agit : une histoire inventée avec des personnages qui le sont tout autant.

D’ailleurs, les auteurs de SFFF (science-fiction, fantasy, fantastique) seraient bien embêtés s’ils ne pouvaient pas parler à la place des extra-terrestres et des elfes.

J’avoue cependant que c’est là faire un peu preuve de mauvaise foi : les elfes, jusqu’à preuve du contraire, ne constituent pas une minorité existante de notre société, brimée et parfois conspuée. Donc, nous pouvons imaginer tout ce que nous voulons sur eux, ils ne seront jamais blessés par nos propos. Ce qui ne sera pas le cas de toutes les communautés.

Pourquoi cela pose-t-il problème ?

Il pourrait être très facile de dire : « c’est bien beau, tout ça, mais justement, c’est de la fiction, on parle de ce que l’on veut et puis c’est tout ».

Ce n’est cependant pas ce que ressentent certaines communautés. Qui ont l’impression que des artistes (parce que c’est aussi le cas pour les films) soit utilisent leurs particularités « parce que ça fait bien et que c’est à la mode », soit en parlent sans connaître réellement tout ce qu’eux ont traversé. Parfois, des maladresses sont commises, des erreurs sont transmises. Parce que ce ne peut être qu’une vision de l’extérieur.

Un autre souci est aussi que ces personnes ont souvent vécu du rejet. Et que laisser d’autres parler en leur nom (le #ownvoices exprime ce fait), c’est encore une nouvelle manière d’être mis à l’écart (les chiffres montrent qu’il y a moins d’auteurs noirs publiés que de blancs).

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Chiffres d’après une étude portant sur les éditeurs américains, (https://ccbc.education.wisc.edu/books/pcstats.asp)

Ce n’est pas de la faute des artistes, mais ces communautés ont ce sentiment que d’autres prennent leur place. Et qu’ils ne peuvent donc même pas parler eux-mêmes de ce qu’ils vivent (encore une histoire malsaine de suprématie, en résumé).

Ne faut-il laisser la parole qu’aux personnes issues de ces communautés ?

Nous allons maintenant creuser un peu plus ce sujet.

Est-ce qu’un artiste prend la place d’un autre ?

À mon petit niveau, il m’est facile de dire que je ne prends la place de personne. La véritable question est pourtant plus vaste : est-ce que, si aucun auteur blanc ne parlait de la vie de noirs, les auteurs de cette communauté auraient plus de chance de pouvoir faire éditer leur livre ?

Est-ce qu’on ne pourrait pas plus se dire que chacun a quelque chose à gagner du succès de l’autre ?

Est-ce que ceux qui vivent ces problèmes ne sont pas les mieux placés pour en parler ?

C’est certain. Une expérience vécue est toujours plus pertinente qu’une expérience imaginée. Mais le propre d’un auteur, c’est aussi de savoir transcender sa propre expérience : je n’ai jamais été homme, je n’ai jamais été tétraplégique, et pourtant je peux imaginer ce que c’est de le vivre.

Ce qui n’empêchera pas, peut-être, des maladresses, malgré tout le soin que je mettrai à me documenter. Mais est-ce que je ne jouerais pas plus le jeu des classes dominantes en me taisant sur ces sujets ?

Pourquoi mettre un personnage LGBT+ ou racisé dans un roman si cela n’apporte rien à l’histoire ?

J’ai récemment vu passer des critiques qui s’offusquaient de voir une petite fille blonde remplacée par une noire dans un livre pour enfants, alors que rien n’était changé à l’histoire. Ce n’était pourtant pas des critiques racistes. Au contraire. Il était plutôt question de récupération (le fameux « ils le font parce que ça donne une meilleure image d’eux ») et certains se demandaient si c’était vraiment indispensable.

Ou encore ce genre de tweet (qui est peut-être ironique, mais qui correspond à un sentiment que je vois souvent passer)

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J’avoue que ce genre de raisonnement me pose souci. Je pencherais plus du côté de l’avis de Jo Ann Von Haff, qui dit « mettez de la diversité dans vos romans ». Parce qu’il n’est pas normal de considérer automatiquement qu’un personnage est blanc ou hétérosexuel. De continuer à dire que c’est la norme et que les autres caractéristiques ne doivent être utilisées que pour faire avancer une cause.

Je pense, très sincèrement, que montrer un décor de fiction avec des personnages de tous genres, cela contribue tout autant à faire avancer le débat et les mentalités. Et oui, on peut être homosexuel et vivre une vie rocambolesque sans que la question de la sexualité ne soit un point central. C’est ça, ce qui devrait être la norme pour moi. Si on continue à procéder uniquement autrement (même si c’est important aussi pour l’éclairage que cela apporte), on continuera à penser qu’il y a un problème à être différent.

Comment faudrait-il alors agir pour respecter chacun ?

Je pense qu’il faut continuer à parler de ces sujets. De toutes les manières possibles. La preuve en est qu’il n’y a pas encore assez de personnages de couleurs, racisés ou queer dans les livres, quelle que soit la tranche d’âge à laquelle ils sont destinés. Il en faut plus, parce que cela fait partie de notre monde.

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Mais il faut le faire avec soin. Se documenter me semble un minimum. Parce que, oui, le personnage noir n’est pas uniquement destiné à être un personnage secondaire, il peut (et il doit) aussi être le héros et, forcément, ce qu’il aura vécu va influencer sa personnalité. Même si cela ne doit pas toujours être l’enjeu principal du roman.

On parle de plus en plus de sensitivity readers, des lecteurs qui vont alerter un auteur ou un éditeur quand les propos contenus dans le roman peuvent poser problème. Et c’est très bien aussi de pouvoir avoir ce regard supplémentaire (même si faire des généralités peut aussi être dangereux : il n’y a pas qu’une manière de vivre une expérience ou de la ressentir et, de même qu’il y a plusieurs bêta lecteurs, il faudrait plusieurs sensitivity readers sur un même ouvrage).

Il s’agit donc avant tout de ne pas rester enfermé dans sa tour d’ivoire, et d’aller à la rencontre de l’autre, pour qu’il puisse transmettre son vécu, sa sensibilité. Parce que, à mon sens, empêcher des auteurs blancs et hétéros de s’exprimer sur ces personnages, c’est aussi prendre le risque qu’ils disparaissent à nouveau du paysage éditorial. Chacun a son mot à dire, de même qu’un homme peut aussi parler de féminisme. Oui, il n’a pas vécu la même chose qu’une femme, mais il peut être conscient qu’il y a des problèmes et vouloir contribuer à faire évoluer les choses. Ce n’est pas de la récupération. C’est juste que faire évoluer les mentalités doit se faire main dans la main.

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Pourquoi l’auteur indépendant est avant tout un professionnel

L’auto-édition se professionnalise de plus en plus. C’est un fait. Et pourtant, on voit encore trop souvent passer des messages qui disent « oui, mais bon, en vrai les livres sont moins bien que s’ils étaient passés chez un éditeur, ça reste un truc d’amateurs, quoi ». Et là, vous savez ce que j’ai envie de répondre ?

Fake News.

Et je vais vous démontrer pourquoi.

auteur pro

Comment le monde professionnel change… pour les auteurs aussi

Il y a quelques années, pas très loin dans le temps, un homme politique disait « je veux que tous les Français puissent devenir leur propre patron ». Que l’on soit d’accord ou pas avec ses propos, il faut bien être conscient que le monde du travail évolue. D’un côté, l’ubérisation de certains corps de métier inquiète, de l’autre le télétravail ne cesse de progresser, de même que le nombre de freelances.

La société se réorganise, à plein d’échelles différentes. Aujourd’hui, il n’est plus indispensable d’avoir un patron pour pouvoir travailler, l’on peut proposer ses services, ses talents, ses compétences, de manière individuelle. Ce sera le cas des graphistes, des consultants, des secrétaires, des formateurs… Certes, cela implique une prise de risques plus grande. Et une manière de travailler qui est peut-être différente, plus consciente de certains enjeux. Mais c’est une possibilité vers laquelle de plus en plus de personnes se tournent.

Et c’est aussi le cas dans le milieu culturel, et donc dans celui du livre. Avant, un auteur avait besoin d’un éditeur pour pouvoir aller à la rencontre de ses lecteurs. Aujourd’hui, ce n’est plus nécessairement le cas. Ce qui inquiète bon nombre de professionnels du secteur. Des professionnels qui affirment parfois, haut et fort, qu’eux savent faire et pas les autres. Ce qui n’est pas (plus) vrai.

Où l’on prouve que les éditeurs ne sont pas toujours indispensables

Quels sont les services qu’apporte un éditeur à un auteur ou à une autrice ?

Il va l’aider à retravailler son texte, en lui apportant un regard extérieur, son expertise, ses conseils dépourvus d’émotions parasites pour aller toujours vers le meilleur du roman.

(De plus en plus d’auteurs indépendants font appel à des correcteurs et à des bêta lecteurs extérieurs pour les aider à prendre du recul sur leur roman. Pas leurs amis, leurs voisins ou leurs cousins. Non, des personnes qui n’ont aucune raison d’être tendres avec eux, qui sont avant tout des lecteurs, et qui ont donc des avis très tranchés sur la question. Des personnes, donc, qui pourraient très bien travailler dans l’édition elles aussi, parce qu’un éditeur est avant tout un lecteur, comme eux)

Il va trouver le meilleur moyen de mettre en valeur le texte, avec une mise en page intérieure de qualité et une superbe couverture.

(Aujourd’hui, les auteurs indépendants peuvent faire appel à des graphistes pour réaliser cette tâche. Selon le budget dont ils disposent, le travail sera plus ou moins poussé. Des spécialistes se concentrent maintenant sur les maquettes, pour le papier comme pour le numérique.)

Il va lui permettre de participer à des salons littéraires et à des dédicaces pour aller à la rencontre de ses lecteurs.

(Les auteurs peuvent très bien effectuer ces démarches eux-mêmes. Tous les libraires n’acceptent pas les auteurs indépendants, ni tous les salons. Mais ces derniers sont quand même de plus en plus présents, et les lecteurs commencent à le savoir, et à l’apprécier).

Il dispose d’un réseau de distribution et de diffusion qui lui permet d’être présent dans de nombreuses libraires.

(Ce qui est, certes, un peu plus difficile pour les auteurs indépendants. Sauf que… Combien de petites maisons d’édition ne sont en réalité pas présentes sur les tables des libraires, ou juste avec un titre caché dans un coin ? Aujourd’hui, de nombreux auteurs indépendants vendent mieux leurs titres tout seuls que certaines maisons d’édition. Ce qui n’enlève rien à leur travail et à leur ferveur pour défendre les livres.)

Il a un service de communication plus efficace.

(oui, enfin s’il décide de l’utiliser pour présenter réellement le titre. Combien de maisons d’édition investissent avant tout sur leurs auteurs phares et ne font pas d’efforts de promotion pour les autres ? Un auteur indépendant va devoir se défendre tout seul, mais au moins il sait qu’il ne sera jamais la cinquième roue du carrosse de quelqu’un d’autre).

Les auteurs indépendants sont autant des pros que les éditeurs alors ?

Surprise : oui. Peut-être pas tous au même niveau. Oui, il y a toujours des auto-édités qui auront des couvertures qui font mal aux yeux et des fautes d’orthographe tous les paragraphes, ainsi que des histoires bancales. Mais on a tous vu aussi des titres pitoyables chez certains grands éditeurs, donc ce critère de qualité n’est plus vraiment valable.

Surtout parce que de plus en plus d’auteurs indépendants se professionnalisent, font appel à des prestataires extérieurs pour les aspects de leur travail qu’ils maîtrisent moins. On est là face à une démarche professionnelle, comme tout indépendant qui se respecte. Et qui devrait, donc, être respecté par les autres aussi.

Il n’existe pas de label de bon goût qui permettrait de dire qu’un éditeur a plus raison que d’autres lecteurs. Surtout quand ils sont nombreux. Rappelez-vous : de un, c’est de l’art, donc c’est forcément subjectif. De l’autre, ce n’est pas toujours l’éditeur qui va lire le manuscrit d’un auteur et le refuser au départ. C’est peut-être un stagiaire qui est au comité de lecture pour l’été. Si le travail est fait, et bien fait, alors le roman d’un auteur indépendant a autant de valeur que celui d’un éditeur.

Pourrait-on tous se passer des éditeurs, alors ?

Tout le monde ne serait pas d’accord sur cette question. Mais je ne pense pas que tout le monde peut être auteur indépendant. De même que tout le monde ne peut pas être son propre patron. Certains auront besoin d’être plus encadrés, d’autres n’auront pas le budget, l’énergie ou juste l’envie d’endosser les multiples casquettes d’un indépendant.

Passer par un éditeur, c’est plus confortable. Et c’est agréable aussi d’être pris en main par quelqu’un qui va vous dire « contente-toi d’écrire, mon grand, je me charge du reste ».

Parfois, aussi, il y a la conscience qu’une autre personne saura mieux donner toutes ses chances et toute sa puissance à un titre qu’on n’est capable de le faire soi-même.

C’est pour cela aussi que j’alterne, personnellement, entre l’édition dite traditionnelle et l’édition indépendante. Parce que, si j’aime pouvoir tout décider et prendre en main les choses de mon côté, ça me fait aussi du bien, parfois, de souffler et de laisser les rênes à d’autres personnes. Car c’est épuisant (tout autant qu’exaltant) d’être indépendant.

Mais je n’estime pas pour autant que mes titres chez les éditeurs ont plus de valeur que ceux que je publie moi-même. C’est juste une autre manière de déléguer, de faire confiance. Une relation professionnelle différente.

Et c’est bien cela qu’il faut se dire : un auteur n’est pas juste un artiste déconnecté du monde réel. De plus en plus, c’est également un professionnel. Indépendant ou non, mais un professionnel.

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De retour de Livre Paris

Et voilà, c’est fait, je peux le dire : j’ai participé, en tant qu’autrice, à Livre Paris. Ce salon présente une envergure certaine (une chatte n’y retrouverait pas ses petits… et d’ailleurs, ce n’était pas toujours évident de voir tout le monde) mais je suis très heureuse d’y avoir participé. Tellement que j’ai oublié de prendre des photos ! Ce qui ne m’empêchera pas de vous en raconter un peu les coulisses.

Copie de Résolutions 2019

Chapitre 1 : l’annonce

Tout commence il y a quelques mois, quand mon éditeur m’annonce qu’il aura un stand sur ce salon. J’avais renoncé à y participer en tant qu’indépendante, par rapport aux frais que cela engendrerait (car il faut que vous le sachiez, les stands ne sont pas toujours gratuits sur les salons. Une des raisons pour laquelle je ne serai pas non plus, à mon grand regret, aux Imaginales cette année).

L’éditeur me demandait si je voulais profiter de l’occasion pour participer. Autant vous dire que j’ai répondu « oui » très vite (moi, enthousiaste ? Mais non, ça ne m’arrive jamais voyons).

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Chapitre 2 : la préparation

Ma présence était donc confirmée sur le salon. Il me fallait donc en informer les gens qui me suivaient déjà, et qui pourraient être présents sur place.

J’ai donc commencé à dire sur les réseaux sociaux : coucou, je serai là.

J’ai très bien fait, puisque… (ah non, ça se sera pour un chapitre suivant!). Cela dit, certains n’avaient quand même pas vu passer l’info et m’ont dit, après le salon « ah bon, mais tu étais là ? ». Comme quoi, on ne peut jamais assez communiquer !

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Ensuite, j’ai fait imprimer des marque-pages spécialement pour l’occasion. Il était temps : De Biblioteca n’avait pas encore de marque-pages à son effigie ! Il se sentait seul, le pauvre…

Chapitre 3 : le départ

Les jours qui précèdent le salon, l’effervescence monte. À tel point que j’ai fini par faire une liste des choses à emmener avec moi pour ne rien oublier ! (et pourtant, vu tous les salons que j’ai faits dernièrement, je n’aurais plus besoin de liste en principe. Mon sac est toujours prêt, avec des stylos et des marque-pages, l’essentiel quoi!)

J’achète des réserves de chips et de M&M’s pour me préparer à affronter les trajets et les longues heures sur le stand.

Je change d’hébergement à la dernière minute parce que la personne qui devait m’accueillir était tombée malade (et là, je dois quand même dire qu’il faut remercier les gens qui m’entourent. J’ai toujours du mal à demander des services, mais je sais qu’il y a des gens autour de moi, même loin, qui me dépanneront si j’en ai besoin. Et ça, croyez-moi, c’est précieux).

Mon éditeur m’informe ensuite qu’il n’a presque plus de stock de mon livre (on est en train de parler réimpression, là!), et me demande de venir avec un peu de ce que j’ai chez moi. Vous m’imaginez, dans le train et le métro, avec ma valise, mon sac spécial dédicaces, et un autre sac de livres ? Et bien je l’ai fait !

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Chapitre 4 : Le salon

Je me suis donc levée à l’aube vendredi matin pour être sur le pont pour les premières dédicaces de la journée. Les portes du salon ne s’ouvrent pas avant 10 heures… même pour les auteurs !

Je me rue donc dans les allées pour arriver à l’heure, salue quelques têtes au passage (y compris quelqu’un qui m’a reconnu dans la file d’attente à l’entrée, une autrice qui passait me voir pour débuter sa journée…). L’ambiance était déjà donnée : sur place, on va se retrouver avec du monde qu’on aime.

Mon stand était au bout du mondedu salon. L’avantage, c’est que cela m’a permis d’avoir de longues discussions avec ceux et celles qui sont venus me voir. Car certains et certaines m’avaient notée sur leur liste de gens à voir, ayant bien noté que je serais présente !!! On a parlé de tout : d’éducation, de sport, de livre… C’était trop, trop bien.

Quand je n’étais pas en dédicace, j’allais voir les copains et copines (et j’ai encore acheté quelques livres, mais j’ai été raisonnable). Parfois, on reconnaissait quelqu’un qu’on suivait déjà sur les réseaux sociaux « cette tête me dit quelque chose » et on échangeait quelques phrases avant de se laisser emporter par la marée de la foule, et ne plus se revoir. Parfois, on voyait une tête apparaître au loin, en se disant qu’il fallait aller la saluer, puis elle disparaissait dans la marée humaine. Parfois, certains stands semblaient disparaître, avalés par un triangle des Bermudes spécifique à Livre Paris.

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Et j’ai pu expérimenter quelques techniques de survie pour ce type d’événements.

Chapitre 5 : les techniques de survie

Non, parce qu’il ne faut pas rigoler, je suis sûre qu’il y a des morts à chaque salon, écrasés par le poids des livres achetés par exemple ! Ou prêts à faire dédicacer leurs livres avec leur sang après avoir fait le pied de grue pendant plus d’une heure dans une file d’attente.

De mon côté j’ai :

  • trouvé des toilettes plus discrètes que les autres (ou je n’ai jamais du patienter pour avoir une place) ;
  • évité la queue au stand de nourriture en venant avec mes sandwichs le matin ;
  • superbement ignoré les stars qui rameutaient les foules pour aller faire signer des livres par des auteurs qui avaient du temps pour discuter (c’est plus sympa) ;
  • mis des bonnes chaussures parce qu’on marche beaucoup au salon ;
  • réparti mes achats sur plusieurs jours pour ne pas entièrement me déboîter l’épaule ;
  • pris des raccourcis par des endroits vides quand je devais rejoindre mon stand (un entrepôt froid et isolé, caché derrière des rideaux blancs…) ;
  • choisi d’arriver tôt le matin, et de rester tard le soir, quand la foule s’est dispersée.

Il fallait au moins tout ça pour survivre !

Chapitre 6 : le bilan

C’est le moment où on se dit : alors, ce salon, bien ou pas ? C’est une discussion qu’on a beaucoup entre auteurs.

Livre Paris, c’est une grosse machinerie. Il m’a permis de rencontrer des gens qui ne font presque que ce salon-là sur l’année. Donc, ça, c’est positif. Par contre, humainement, je crois que je préfère les salons de taille plus restreinte, à l’ambiance plus humaine. C’est tout bête, mais sentir qu’on existe pour les organisateurs, cela compte aussi énormément (et cela crée aussi une autre ambiance pour le public, plus chaleureuse).

Ce salon était une expérience. Et je le referais sans doute si on me le propose. Mais, je l’avoue, d’autres salons gardent encore la première place dans mon cœur (enfin, les premières places, même).

Néanmoins, je suis ravie de tous les échanges que j’ai pu avoir sur ce salon, des têtes venues d’ailleurs que j’y ai retrouvées, des rencontres qui ne peuvent avoir lieu que là.

Et vous, c’est quoi votre salon préféré ?
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Mes objectifs 2019

Beaucoup de gens prennent des résolutions en début d’année. Moi, je préfère me fixer des buts. Ou des objectifs. Voici donc (tadam!) la liste des choses que je veux faire en 2019 (et on se retrouvera dans quelques mois pour faire le point).

Résolutions 2019.png

Côté écriture

Alors là, il y a du pain sur la planche les amis.

  • Terminer Le Secret du vent 2 : il est bien avancé, je travaille dessus presque tous les jours. Je n’ai pas écrit autant que je voulais sur ce titre pendant le nanowrimo, mais j’en suis au moins à la moitié, si pas aux deux-tiers, du premier jet. Je compte bien le sortir cette année, au mieux pour les Imaginales, au plus tard pour les Aventuriales (ce qui me laisse l’été en plus comme date de sortie, c’est pas beau, ça).
  • Terminer mon roman pour plus jeunes lecteurs : ma fille me le réclame, ça fait des mois que je progresse comme une tortue dessus. Je dois le terminer avant qu’elle ne soit trop grande pour avoir envie de le lire. Ce qui va le plus m’ennuyer pour ce texte, c’est que je l’ai travaillé sur des carnets, à la main, et que je dois tout retaper !
  • Retravailler Complètement mordu : celui-là devrait aussi sortir en auto-édition, la trame existe, une grosse partie du texte aussi. Il faut reprendre une bonne partie, transformer certaines choses. J’aimerais bien vous le proposer pour décembre 2019 (en indé, donc, la seule maison d’édition à laquelle je pensais pour l’envoyer venant de fermer ses soumissions. Ce qui me donne une bonne raison pour le garder pour moi, na!).
  • En option, si j’ai du temps (ah, la bonne blague) : continuer mon guide d’écriture. Il est bien entamé, mais il y a encore beaucoup de travail à faire dessus, et ce n’est pas une priorité pour moi (je suis sûre que vous préférez lire mes histoires, en plus, non?)

Côté communauté

Comme je le disais dans mon bilan 2018, vous êtes de plus en plus nombreux à me suivre, et ça c’est chouette (merci et plein de bisous pour vous).

Mais ce pourrait être encore mieux. Soyons honnête : si je veux un jour pouvoir vivre de l’écriture, et avoir encore plus de temps pour vous proposer des textes régulièrement, il faut que vous soyez encore plus nombreux à me connaître. Partagez l’amour, les gars !

Donc je voudrais avoir plus d’inscrits à ma newsletteret plus d’abonnés qui me suivent sur les réseaux sociaux.

Et, pour vous remercier, je vous proposerai :

Ce qui va se passer

Par conséquent, en 2019, vous aurez encore de nouvelles occasions pour me lire.

J’ai aussi l’intention de continuer à participer à de nombreux salons du livre et dédicaces, parce que c’est ainsi que j’ai rencontré nombre d’entre vous ! N’hésitez pas à me dire quand vous me lisez déjà sur internet, ça me fait plaisir.

Je vais continuer à me consacrer plus à l’écriture sur les romans que sur les nouvelles des appels à texte. J’en ai fait un peu en 2018 mais je n’arrive pas à m’y investir autant que sur mes histoires longues. Il faut choisir ses priorités.

J’aimerais aussi proposer plus d’ateliers d’écriture, voire de conférences (il y en a déjà une qui se prépare pour le Salon Fantastique en novembre 2019!). J’aime bien avoir l’occasion d’échanger avec vous, et avec d’autres auteurs, sur l’écriture et le livre.

Et vous, quels sont vos objectifs pour cette année ?

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Bilan de l’année 2018

C’est un peu l’exercice de rigueur en cette période de l’année, mais faire un bilan permet aussi de faire le point, de voir si l’on a respecté les engagements que l’on avait pris avec soi-même ou si on vient de passer douze mois à procrastiner. Et ça aide également à prévoir l’année suivante. Le bilan est donc un exercice obligatoire en comptabilité et fortement conseillé en général.

Voici le mien.

bilan 2018

Du point de vue de l’écriture

C’est évidemment ce qui vous intéresse au premier plan. Et un peu moi aussi, je l’avoue.

Début janvier, je prévoyais au moins une sortie pour l’année (De Bibliotecaou Lettres du Kansas, le suspense était insoutenable), et je vous annonçais travailler sur un roman young adult FF sur fond dystopique, un roman pour jeunes lecteurs et un guide d’écriture.

Résultat :

  • De Biblioteca  est bien paru, il y a presque deux mois. Le démarrage est un peu plus lent que je ne l’escomptais, mais il se vend bien quand je suis en dédicace et les premiers retours sont positifs (ce qui est encore mieux). Il est encore tout frais, donc je n’ai pas de recul sur lui, mais il est là, et bien là.
  • Lettres du Kansas reste actuellement en lecture chez deux éditeurs (le monde éditorial a un calendrier qui lui est propre, et certaines réponses se perdent parfois dans l’espace-temps). J’avais eu un premier retour positif d’un éditeur qui ne s’est pas confirmé, l’épistolaire représentant un genre très difficile à placer. À l’époque, je vous disais que s’il n’était pas retenu par les rares éditeurs à qui je l’avais envoyé, je l’éditerais moi-même. Actuellement, mon avis est un peu moins tranché sur la question. Au stade actuel, je me donne jusque fin janvier pour décider de l’envoyer ou non à d’autres éditeurs.
  • Mon roman young adult dystopique est terminé, et en lecture chez deux éditeurs actuellement. J’ai assez peu parlé de lui jusqu’ici et je ne sais pas non plus si je vais chercher à le faire éditer par ailleurs ou le gérer moi-même.

Mes deux autres projets sont en stand-by, le roman pour jeunes lecteurs est presque terminé, le guide est à peine entamé.

J’ai rédigé ma première fan fiction,qui continue à récolter des votes sur Wattpad (et j’avoue que ça fait du bien au moral!)

complètement mordu

Surtout, j’ai commencé à écrire pendant le nanowrimo la suite duSecret du vent,qui est mon gros projet du moment et qui sortira en 2019 (Alerte Scoop), si je maintiens mon calendrier d’écriture.

Du point de vue éditorial

Vous l’avez vu, en-dehors du tome 2 du Secret du vent, qui sera auto-édité, je suis en ce moment en phase de grosse réflexion par rapport à l’auto-édition. C’est peut-être simplement un coup de fatigue de la fin de l’année, mais l’édition indépendante demande énormément d’énergie, et j’aimerais bien pouvoir me reposer un peu sur des éditeurs pour quelques-uns de mes prochains titres.

Cette année, j’ai sorti deux romans :

  • Image(s),qui était une réédition, donc pour lequel j’ai surtout effectué un travail de communication, quoique restreint.
  • De Biblioteca,qui est représenté par mon éditeur, mais pour lequel je participe énormément à la communication.
Révélation de Noël _ les bibliothécaires contrôlent e monde !Toutes les infos dans De Biblioteca, de Mélanie De Coster

J’apprécie toujours autant d’être décisionnaire quand j’édite mes romans, mais l’alternance des deux solutions me permet de m’économiser un peu. Cela dit, le délai de réponse des éditeurs peut parfois être incroyablement long, et cette attente me fatigue aussi.

Je n’abandonne donc pas l’auto-édition, mais il va réellement être nécessaire que je réfléchisse à quelle stratégie je veux adopter pour mes prochains titres. Parce que, oui, il y en aura en 2019 !

Du point de vue de la communication

En tant qu’auteur indépendant, il y a énormément de temps consacré à communiquer, afin de se faire connaître. Parce qu’on ne dispose pas des budgets publicitaires des grosses maisons d’édition, parce qu’on ne peut pas non plus solliciter indéfiniment les journalistes ni les libraires, une grande partie de nos actions s’effectuent en ligne.

Début 2018, j’avais :

Aujourd’hui, j’ai :

français

La progression est donc réelle. Plus que des chiffres, elles signifient que de plus en plus de gens me prêtent suffisamment d’importance pour avoir envie de me suivre, et ça c’est extraordinaire !

Le nombre d’abonnés à ma newsletterest encore un peu bas à mon goût, c’est quand même un espace privé où je parle à mes abonnés (en plus de leur fournir des cadeaux comme des textes inédits). Je pense que l’on reparlera de cela dans mon prochain article sur mes projets pour 2019.

Mais la communication, ce n’est pas que cela.

Du point de vue des rencontres

2018 a été une année extraordinaire au niveau des rencontres. J’ai noué de véritables liens d’amitié avec des auteurs. Principalement les membres des Auteurs Indépendants du Grand Ouest, qui forment une famille chaleureuse où j’ai trouvé ma place. Je suis très heureuse de les avoir rejoint. Car oui, la solitude est l’un des écueils de la vie d’autrice. Grâce à eux, je me sens nettement moins seule dans ce que je fais.

Mais il y a aussi les autres auteurs et autrices que j’ai rencontrés au fil des salons ou sur le net, que l’on retrouve régulièrement, toujours avec le même plaisir. C’est incroyable cette énergie et cette générosité qui émane de vous, j’ai fait tant de belles rencontres cette année ! Et même si je me sens toujours toute petite face à certains d’entre vous (fichu syndrome de l’imposteur), vous ne m’avez pas fait sentir inférieure à vous, et ça c’est assez chouette.

Ces salons m’ont également permis de rencontrer des lecteurs. Certains plusieurs fois, même. Et ça aussi, c’est un bonheur indescriptible. Vous êtes de véritables curieux, passionnés, gourmands et qu’est-ce que c’est chouette de parler livres avec des gens qui aiment ça !

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Cette année, j’ai fait pas moins de 18 séances de dédicace (!!!). Dont certaines sur plusieurs jours. Ça m’a demandé, je le reconnais, beaucoup d’énergie. Mes filles n’ont pas toujours été ravie de laisser partir leur maman, mon mari a été d’une patience d’ange en acceptant systématiquement que je l’abandonne tous ces week-ends.

J’ai compris que cela fait aussi partie du métier d’autrice (mais je dois avouer quand même que je suis contente d’avoir quelques semaines de répit en cette fin d’année avant de recommencer).

Du point de vue des ventes

Alors, quels ont été mes best-sellers cette année ?

C’est un peu difficile à estimer, parce que tous les titres ne sont pas sortis au même moment.

Néanmoins, de manière générale,

  • Le Secret du vent compte toujours parmi les titres les plus plébiscités (du moins en salon).
  • De l’autre côté des mondescontinue sa petite vie, mais c’est beaucoup plus calme pour lui.
  • Image(s), sorti cet été, a effectué un beau démarrage et il se maintient plutôt pas mal, d’autant que c’est loin d’être le titre sur lequel je communique le plus.
  • Mon Carnet de gratitude continue à se vendre, doucement, ce qui me fait plaisir.
  • De Biblioteca a effectué une percée surprenante. En seulement deux mois, j’en ai déjà vendu plus que De l’autre côté des mondes sur toute l’année, et presque autant que Le Secret du vent sur toute l’année aussi. (oui, quand je parlais de démarrage lent, je me rends compte que je n’étais peut-être pas tout à fait objective, en réalité).
Vous aurez seulement deux choix, l'amour ou la peur. Choisissez l'amour, et ne laissez jamais la peur se retourner contre votre cœur enjoué.

Soyons honnête : je ne vends pas encore assez de livres pour pouvoir dire que c’est ma principale source de revenus. Soyons encore plus honnête : cette année, entre les achats matériels (marque-pages, kakemono…) et les frais divers liés au salon, j’arrive tout juste à l’équilibre financier. Néanmoins, il s’agissait de ma première année intensive d’écriture et de séances de signature. Les choses vont vraiment s’installer, je pense, dans les années à venir (j’espère, les gars, parce que je ne compte pas disparaître tout de suite du paysage).

Du point de vue du blog

Je n’ai pas été tout à fait aussi régulière que prévu, mais j’ai quand même posté des articles régulièrement. Certains ont beaucoup plu (mes derniers articles surle syndrome de l’imposteur, ou sur la vie de salon d’un introvertiont obtenu pas mal de réactions, notamment sur les réseaux sociaux).

Mon compte de mécénat sur Tipeee ne me rapporte même pas de quoi me payer un thé par mois (mais j’ai toujours du mal à demander de l’argent, alors je ne l’utilise sans doute pas tout à fait comme il faut).

Du point de vue personnel

Le bujo ? Arf, pas de temps pour ça.

Le sport ? Oui, quand ça me prend (c’est à dire deux séances tous les deux mois).

Les autres loisirs, comme le dessin ou la guitare ? Oui, c’est cool, mais quand est-ce que je dégage du temps pour écrire, moi ?

Je me rends compte que je me suis tellement investie dans l’écriture et tout ce qui va autour (la communication, les séances de dédicace) que j’ai un peu négligé les autres sphères de ma vie. Le ménage passe en dernier sur ma liste de tâches, j’ai bien trop souvent mal au dos à force de passer des heures devant l’ordinateur, je n’ai presque plus fait de promenades ni de recherches de géocaches… Difficile, hein, d’être présent sur tous les fronts ? (vous faites comment, vous?)

Bilan du bilan : ce fut une année très enrichissante, mais aussi très fatigante. Avec des pics émotionnels parfois. Avec plein de bons moments, de beaux échanges et de belles rencontres.

Comment sera la suivante ?

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Comment vivre une séance de dédicace quand on est introverti

Bonjour vous ! Si vous savez à quel point ces simples mots m’obligent à sortir de ma zone de confort, vous me comprenez. Oui, je suis une introvertie, et je l’assume. Et même que cela ne m’a pas empêché de vivre plein de salons et de séances de dédicaces en 2018 (18, si mes comptes sont corrects). Comment j’ai traversé tout ça et comment aller volontairement dans des endroits plein de monde alors que notre seul rêve dans la vie c’est de rester enfermé avec un livre et une théière pleine ?

comment vivre une séance de dédicaces quand on est introverti

C’est quoi être introverti ?

Comme toujours, on commence par les bases, c’est-à-dire les définitions. Parce que, non, tout le monde ne sait pas ce que c’est une personne introvertie (vous le saviez, vous?).

Si je voulais faire simple, je me contenterais de dire que c’est le contraire d’une personne extravertie. Vous savez, ces gens qui adorent voir du monde, qui attirent l’attention, parlent fort, sont toujours en train de plaisanter et qui ont plein d’amis ?

Une personne introvertie, c’est l’inverse. « oui, c’est quelqu’un de timide, quoi » diront la plupart des gens. En réalité, c’est beaucoup plus complexe que cela. À tel point qu’il y a même eu des études scientifiques sur le sujet (si, si, même moi je suis étonnée).

Donc, en gros, tout se joue dans le cerveau. La chimie du cerveau d’un introverti est différent. Ah ben tout de suite, si c’est médical, ce n’est plus la même chose, n’est-ce pas !

Et concrètement, comment ça se passe pour une personne introvertie ?

Une personne introvertie, comme moi, sera nettement plus à l’aise en petits comités qu’au milieu de la foule (voire même seule). Les interactions sociales deviennent physiquement et mentalement épuisantes. À tel point que le besoin de s’isoler pour recharger les batteries devient absolument nécessaire.

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Pire, elle va passer son temps à tout sur-analyser. Vous vous rappelez quand vous étiez adolescent et que vous trouviez la réplique qui tue trois heures après ? C’est la même chose… en permanence. C’est-à-dire qu’on va se demander perpétuellement si on a dit ce qu’il fallait, avec le bon ton, si on a été bien compris, et se fustiger pendant des mois (oui, pas des heures, des mois ou même des années) pour une réplique maladroite. Ou que l’on se retrouve à sortir des répliques pourries parce qu’on a l’impression que c’est ainsi que les gens normaux agissent (je ne sais toujours pas pourquoi à 16 ans j’ai pu demander à un garçon qui me plaisait et qui m’interrogeait sur mon prénom « à ton avis c’est quoi ? ». J’avais vu ça dans un film, j’avais trouvé ça mystérieux et séduisant. En vrai, c’était ridicule. Et, oui, j’y pense encore).

Mais alors, comment ça se passe quand on fait des dédicaces ?

Une séance de dédicaces, et plus encore un salon, c’est l’assurance d’être au milieu de plein de personnes, d’inconnus avec lesquels il faudra parler et faire bonne impression.

Autant vous dire que, dans ces circonstances, vouloir participer à des salons littéraires, c’est comme décider d’entamer une course d’obstacles alors qu’on est en pleine amputation du gros orteil. C’est douloureux et le résultat est loin d’être garanti !

Or, beaucoup d’autrices et d’auteurs sont justement des introvertis. Pas de bol, hein ! C’est ainsi que l’on voit ces masochistes vissés sur leur chaise, le nez plongé dans un livre pour ne pas rencontrer un regard, ou fixant les passants sans oser leur adresser la parole. Heureusement, ce n’est plus la majorité, parce que genre d’attitude se rapproche bel et bien du carnage.

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Pour qu’un salon soit réussi, il faut s’autoriser à aller à la rencontre des lecteurs. Accepter aussi de se prendre de nombreuses claques virtuelles. Et se permettre de ne pas être parfait (un salon, c’est un speed dating permanent. Vous ne pourrez pas séduire tout le monde, de toute manière).

Ce que j’ai appris au fil des salons

Bizarrement, ces salons m’ont fait progresser. Je ne suis toujours pas une grande fan des grands groupes, et il m’arrive encore trop souvent d’avoir envie de me cacher dans un trou après avoir parlé et dit n’importe quoi, mais j’ai appris que j’étais capable d’interpeller des gens que je ne connaissais pas et d’échanger cinq phrases polies avec eux sans que mon corps n’entre en combustion spontanée.

J’ai fait de belles rencontres, eu de beaux échanges, comme autant de petites fenêtres qui s’ouvrent sur la vie des gens qui discutent avec moi lors des ces séances.

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Oui, j’utilise peut-être cinquante fois sur la journée les mêmes phrases d’accroche (et ça aide pas mal d’avoir ces échelles de secours auxquelles se rattraper pour affronter la course d’obstacles). Mais je m’intéresse aussi vraiment aux gens en face de moi et je suis reconnaissante du temps qu’ils m’offrent de leur côté.

Je sais aussi que ce genre d’événements est à la fois très porteur pour moi, et particulièrement épuisant aussi. Après une séance, je n’ai pas envie de parler, pas même à mes proches (je fais pourtant des efforts, rassurez-vous, je ne me transforme pas en ermite non plus), j’ai juste envie de calme, de solitude et d’un bon livre dans un coin chaud.

Est-ce que je continuerai à faire des salons ?

Je peux immédiatement répondre « oui » à cette question. D’une part parce que c’est aujourd’hui nécessaire, dans mon activité d’autrice, de me faire connaître par ce biais-là. De l’autre parce que j’ai pu faire de belles rencontres de cette manière (je pense aux auteurs et autrices que je retrouve régulièrement, aux blogueurs et blogueuses que l’on croise aussi, aux lecteurs qui me font des retours tellement chaleureux…) et que je n’ai pas envie de m’en priver. Je suis introvertie, ça ne veut pas dire que je n’aime pas les gens, juste que trop de monde, d’un coup, me fatigue.

Et je continuerai aussi parce qu’il faut savoir dépasser ses limites, sortir de sa zone de confort. C’est ça aussi, pour moi, être artiste. Ne pas se contenter de ce que l’on connaît par cœur mais prendre des risques et faire des expériences.

Et vous, de votre côté, comment vous vivez ces salons ? Ou votre vie d’introverti ?

Au fait, comme je suis toujours mille fois plus à l’aise à l’écrit qu’à l’oral, je vous rappelle que ma newsletter vous permet aussi d’échanger avec moi (en plus de recevoir des textes inédits et des petites gourmandises littéraires!). Inscrivez-vous